Envie d’en parler et d’en écrire quelque chose. Voici les textes que les résidents de la maison relais ont écrits lors d’un atelier d’écriture . Cet atelier, composé de 6 personnes, est animé par Annie une fois par semaine. La « consigne » d’écriture était la suivante : chacun a écrit quelques « mots-clés» que leur a évoqué le souvenir de la projection. Ensuite, chacun s’est saisi de l’écriture d’un des textes à partir du film qu’il a choisi. Nous vous livrons ci-après leurs écrits.
Quelques « mots-clés » sont inscrits en gras dans le texte.
KOTOWARI de Coralie WATANABLE PROSPER-Film sur les OQTF/ Obligation de Quitter le Territoire Français .
Quel joli visage et quelle gentillesse transpire de la jeune fille asiatique qui apparaît à l’image. On attend pour elle bien de la joie et on comprend bien la tendresse que manifeste sa compagne. Ainsi tout semble aller pour le mieux jusqu’à ce qu’elle franchisse la porte d’une administration. Là, ballottée d’un guichet à l’autre, elle finit par atterrir devant un jeune fonctionnaire qui, sans état d’âme particulier, lui signifie que cette jeune femme doit impérativement rentrer chez elle au Japon. Devant cette injustice manifeste, elle tombe dans les bras désespérés de son amie qu’elle essaye de rassurer en lui répétant les derniers mots du fonctionnaire qui lui laisse un petit espoir.
KER MADELEINE,SEMER LA LIBERTE de Marine GIRAUD
Le film Ker Madeleine concerne la réhabilitation de prisonniers à travers une association qui propose des activités de jardinage. Quelle tolérance, quelle générosité pour prendre en charge ces hommes détenus en prison ! Ces hommes vendent les produits issus du jardinage et ça fonctionne ; ils se sentent utiles et voient le fruit de leur travail à la ferme. C’est un signe d’espoir, d’avenir. Ils savent faire quelque chose de leur vie.
THE WEIGHT OF LIGHT DE Anna HITS
En Inde ,Saris orange, pays de l’Hindouisme, point rouge du troisième œil entre les deux yeux. Un homme installe dans la cabane de la pauvre famille, celle qui vit du peu qu’elle récupère dans les décharges publiques, cet homme installe un ordinateur qui captera les images qu’il va vendre. C’est un vendeur d’images. Vendre à qui?
A ces nombreux hommes voyeurs. Voyeurs de quoi?
Du corps d’une très jeune-fille qui pleure,
500 secondes pour exposer son corps de face…
500 secondes pour montrer son corps de dos…
1000 secondes… 16 minutes et 40 secondes à prêter, pauvre innocente, son corps nu aux regards des voyeurs. Pour quel plaisir?
Mais pourquoi ce père si bon et qui abrite la colère et la souffrance dues à sa misère vend-il sa fille aux regards lubriques ?
Vivre dans un bidonville n’est pas son choix.
Être veuf avec trois enfants à charge n’est pas son choix.
Marier si jeune sa fille aînée n’est pas son choix.
Acquitter une dot pour assurer à sa fille aînée une vie contrainte mais peut être meilleure n’est pas son choix.
Et ce futur marié, qui est-il ? Est-ce lui aux côtés de la mère marieuse ?
Est-ce cet homme déjà vieux qui sera marié à cette si jeune fille ?
Pauvreté et misère, colère, larmes, souffrance.
47 POUCES de Pascale MOMPEZ
Ce texte relatif au dernier court métrage n’a pas été « écrit » par les participants mais a donné lieu à un échange nourri. Pourquoi 47 pouces ? Qui est l’enfant ? qui est la jeune femme qui arrive, bandages aux poignets ?
Et leurs échanges ont conclu que 47 pouces, c’est la taille de cette enfant, quelque-chose autour d’un mètre et 20 centimètres. Que la jeune-femme est sa tante, la sœur de son père, ce grand barbu costaud. Que les bandages sont les protections de ses poignets blessés par une probable tentative de suicide.
La relation entre l’enfant insouciante et sa jeune tante contribuera sans doute au rappel à la vie de cette suicidaire ; elle reprendra confiance en elle, non sans avoir fait quelques belles frayeurs à sa famille qui l’épaule. Lueur d’espoir de la fin du film : le départ de « Tata » vers un centre de soin .
Ces textes sont forts, tout autant que ces films, et nous espérons pouvoir être partenaire de l’édition 2026, afin de rendre compte des difficultés auxquelles sont confrontées les personnes relavant du travail social, tout comme de la réalité des professionnels du lien social afin de contribuer à notre échelle à faire changer les regards sur ces sujets.